Au sein de l’étendueBidonvilles de Manille, un rituel de survie quotidien se déroule qui remet en question tout ce que nous savons sur la nourriture. Avant que la ville ne se réveille, les habitants de communautés comme Tondo et Smokey Mountain commencent à fouiller non pas dans les marchés, mais dans les décharges. Ils collectent les restes des restaurants pour créerQuand— un aliment de rue recyclé controversé qui nourrit des millions de personnes dans les quartiers les plus pauvres de Manille. Cette pratique, née de l’extrême pauvreté, révèle les dures réalités de la vie dans leBidonvilles de Manilleet nous oblige à affronter des questions difficiles sur les inégalités urbaines, la sécurité alimentaire et la résilience humaine.

L’aube dans les décharges : là où commence cette nourriture
Le voyage commence dans des endroits commeMontagne Smokeyou les ruelles derrière les chaînes de restauration rapide. Alors que la ville dort, les collectionneurs – souvent des mères et leurs enfants – commencent leur travail. Ils ne recherchent pas de matières recyclables ; ils recherchent le dîner d’hier. Les os de poulet frits avec de la viande collante, les récipients de riz non consommés ou les restes de légumes deviennent leur cible. DansLes bidonvilles de Manille, il ne s’agit pas de récupération au sens traditionnel du terme ; il s’agit d’une récolte nécessaire du flux de déchets de la ville, motivée par une équation simple : pas de nourriture dans la décharge signifie pas de nourriture sur la table à la maison.

Du déchet au « dîner » : le processus de transformation
Ce qui se passe ensuite est un processus méticuleux et exigeant en main-d’œuvre, né de la nécessité :
- Le tri :De retour dans des habitations exiguës et de fortune, les déchets collectés sont soigneusement triés. Les emballages non comestibles, les os et les portions gâtées sont retirés.
- Le Rituel Nettoyant :Les pièces récupérables sont lavées, parfois plusieurs fois, pour tenter d’éliminer la saleté et les bactéries visibles.
- La renaissance par le feu :Les aliments sont bouillis vigoureusement ou frits, non pas pour leur saveur, mais dans l’espoir qu’une chaleur extrême tue les agents pathogènes. C’est le cœur de la création “Quand“.
- Le masque saveur :De fortes doses de sel, de vinaigre et d’épices bon marché sont ajoutées. Leur tâche principale n’est pas d’améliorer le goût, mais de maîtriser les saveurs révélatrices de détérioration et de pourriture.

Le produit final est mis en sac et vendu pour quelques centimes dans les ruelles étroites de communautés commeTondo, représentant à la fois un repas pour les affamés et un revenu pour le vendeur.
Le choix impossible : survie ou sécurité
Pour juger cette pratique, il faut d’abord comprendre le dilemme qu’elle représente.

La bouée de sauvetage qu’il fournit :
Pour les familles vivant dansLes bidonvilles de Manille,Quandest souvent la seule source substantielle de protéines. Il fournit des calories lorsque les salaires sont inexistants ou pitoyablement bas. Pour les vendeurs, cela crée une micro-économie fragile, offrant l’un des rares moyens disponibles de gagner de l’argent dans un quartier informel.

Les risques mortels qu’il comporte :
Les experts médicaux soulignent les dangers sans équivoque : l’hépatite, la typhoïde, le choléra et les graves intoxications alimentaires constituent des menaces constantes. Le processus de réchauffage ne peut pas éliminer toutes les toxines ou contaminants chimiques qui auraient pu s’échapper des déchets. C’est une impasse nutritionnelle, offrant de l’énergie sans les vitamines et les minéraux nécessaires à la santé.
Les personnes impliquées le savent. Leur calcul ne porte pas sur la santé par rapport à la maladie ; il s’agit de la certitude de la faim aujourd’hui par rapport à la possibilité de maladie demain.

Un miroir de la société : ce que Pagpag révèle réellement
Quandest plus qu’une histoire culinaire choquante ; c’est un symptôme flagrant d’échec systémique.
- C’est un échec de l’économie :Lorsqu’un emploi formel ne rapporte pas suffisamment pour acheter de la vraie nourriture, l’économie informelle du gaspillage comble le vide.
- C’est un échec de l’urbanisme :Lorsque les villes se développent sans offrir à tous des logements abordables, des installations sanitaires ou une sécurité alimentaire, de telles pratiques deviennent inévitables.
- C’est une défaillance des systèmes de gestion des déchets :Lorsque les déchets organiques sont traités comme des déchets à jeter plutôt que comme une ressource à gérer, ils deviennent une source alimentaire de dernier recours pour les pauvres.

L’existence deQuanddansLes bidonvilles de Manillesoulève des questions inconfortables sur les inégalités, la justice et ce qu’une société tolère à l’intérieur de ses propres frontières.
Au-delà du sensationnalisme : à la recherche de vraies solutions
Les gros titres sensationnels sur la « nourriture poubelle » passent souvent à côté de l’essentiel. Il convient véritablement de se concentrer sur les conditions qui rendent une telle pratique nécessaire. Un changement durable nécessite de s’attaquer aux racines : créer des emplois rémunérés pour vivre, mettre en place de véritables filets de sécurité sociale, développer des logements abordables et mettre en œuvre des programmes de sécurité alimentaire qui atteignent les communautés les plus pauvres.
L’histoire deQuandest finalement une histoire de résilience humaine face à des choix impossibles. Cela nous rappelle brutalement que dans notre monde interconnecté, la frontière entre gaspillage et subsistance, entre choix et désespoir, est plus mince que nous aimerions le croire. Le défi n’est pas seulement d’être choqué, il faut aussi être ému pour comprendre et soutenir les changements qui rendraient obsolètes des adaptations aussi choquantes.