Le soleil, les plages et les cocktails définissent le quotidien desPuerto Vallarta, une célèbre ville touristique mexicaine.
Le week-end dernier, cette image sereine a été brisée.
Les touristes ont été témoins de scènes qui rappellent la guerre : les rues, les magasins et les pharmacies ont été incendiés. Les voitures se sont transformées en décombres, la fumée et les vapeurs toxiques ont recouvert les plages autrefois bondées.
Au loin, des coups de feu résonnaient et la fumée des explosions montait. A proximité, un petit chien courait désespérément, cherchant un abri.
Terreur à l’aéroport
À l’aéroport de Puerto Vallarta, l’horreur s’est intensifiée.
Des vidéos circulant en ligne montraient des hommes armés entièrement armés prenant d’assaut le centre international, ouvrant le feu de manière imprudente. Les voyageurs non armés ont paniqué et l’aéroport a sombré dans le chaos.
Pendant ce temps, dansGuadalajara, la capitale deJalisco, la violence s’est propagée. Des bandes armées ont incendié toute la ville et occupé son aéroport. Les civils se sont précipités pour se mettre à l’abri, reflétant le désespoir du chien en fuite.
Les compagnies aériennes ont immédiatement interrompu tous leurs vols vers Jalisco. Même les avions déjà au-dessus du Pacifique ont reçu l’ordre de rebrousser chemin.
Le Département d’État américain a émis un avertissement de sécurité de niveau rouge. Les Américains de cinq États mexicains à haut risque ont été invités à se réfugier sur place. Le Canada et la Chine ont rapidement emboîté le pas en alertant leurs citoyens.
La cible : El Mencho

Tout ce chaos est né d’un raid dans les montagnes à deux heures de Guadalajara. Le 22 février, les forces mexicaines ont tué l’un des barons de la drogue les plus recherchés du pays :Le Mencho.
Né en 1966 dans le Michoacán, il a quitté l’école en cinquième année et a travaillé dans des fermes d’avocats. À 14 ans, il gardait les plantations de drogue. Dans la vingtaine, il est entré illégalement en Californie, s’est impliqué dans des délits de rue et, en 1986, a été arrêté pour port d’armes.
En 1992, le FBI l’a ciblé pour un trafic d’héroïne, ce qui lui a valu près de trois ans de prison. Il a été expulsé vers le Mexique après sa libération.
Étonnamment, il est devenu brièvement policier avant de partir rejoindre leMillénaire Poster. Son influence grandit et finit par épouser la sœur du patron.
En 2009, les dirigeants de Milenio avaient été arrêtés ou tués. El Mencho a saisi l’occasion, battant les factions rivales dans une guerre interne sanglante et formant leCJNG.
L’essor du CJNG

En 2010, CJNG est devenu le cartel de drogue dominant enJalisco.
Quinze ans plus tard, c’est un empire criminel mondial, avec des opérations dans 50 États américains et plus de 40 pays et des actifs dépassant 20 milliards de dollars.
El Mencho a échappé à la capture malgré une récompense américaine de 15 millions de dollars. Les opérations militaires ont échoué à plusieurs reprises, notamment celle où CJNG a utilisé un lance-roquettes pour abattre un hélicoptère, tuant neuf soldats.
Le raid fatal
Le 22 février 2026, les forces spéciales mexicaines ont attaqué le territoire du CJNG. El Mencho a été mortellement blessé lors de la fusillade et est décédé en route vers Mexico. Seuls trois soldats ont été blessés, tandis que sept membres du CJNG ont été tués. L’armée a confisqué des véhicules blindés et des lance-roquettes.
Les États-Unis ont fourni un soutien en matière de renseignement en coulisses.
Violentes représailles de CJNG
La mort d’El Mencho a déclenché des violences à l’échelle nationale. Les rapports font état du chaos dans au moins 21 États. Les autoroutes ont été bloquées, les magasins incendiés et les attaques ont ciblé les citoyens ordinaires.
Guanajuatoa subi 70 attaques en une journée, 69 magasins incendiés et des banques détruites. Des vidéos ont inondé les réseaux sociaux montrant des civils terrorisés et des voitures détruites.
Les aéroports ont été fermés, les vols annulés ou détournés et les gouvernements étrangers ont mis à jour leurs avertissements aux voyageurs.
L’effet Hydra au Mexique

L’histoire montre que tuer un baron de la drogue apporte rarement la paix.
En 2009, la mort d’un chef de cartel avait entraîné peu après le massacre de sa famille.
L’arrestation deEl Chapon’a pas fait s’effondrer le cartel de Sinaloa, qui a maintenu ses opérations sous la direction de ses successeurs.
La création du cartel du GolfeLes Zétasmontre comment des groupes militarisés peuvent se retourner contre leurs fondateurs, augmentant ainsi la violence.
Les chercheurs appellent cela « l’effet Hydra » : couper une tête en entraîne plusieurs nouvelles.
Les recherches montrent que dans les six mois qui suivent la capture d’un baron de la drogue, le taux de meurtres dans sa ville augmente de 61 %.
Armes, argent et corruption

Le pouvoir de CJNG vient des armes à feu, des finances et de la corruption systémique.
70 % des armes récupérées sur les scènes de crime mexicaines entre 2014 et 2018 provenaient des États-Unis. Ils utilisent également des drones armés et emploient des mercenaires formés à l’étranger.
Les revenus annuels de CJNG se chiffrent en milliards, provenant de la drogue, de la contrebande de pétrole, du trafic d’êtres humains, de l’exploitation minière illégale et de l’extorsion. Les tentatives de gel des comptes ont peu d’impact.
La corruption est endémique. 99% des crimes restent impunis. Des hauts fonctionnaires, dontGenaro Garcia LunaetSalvador Cienfuegos, ont été soudoyés par des cartels, démontrant la pourriture systémique.
Conclusion : la crise continue
La mort d’El Mencho marque une victoire politique mais laisse les luttes de pouvoir du CJNG sans solution. La violence risque de s’intensifier à mesure que les factions se battent pour le contrôle.
L’histoire de CJNG est loin d’être terminée. Couper une tête ne permet que de nouvelles pousses.